Une troisième éolienne low-tech installée à Madagascar

D’une puissance de 1 kW environ, la troisième éolienne fabriquée par l’atelier malgache Tsiky a été installée dans le village de Ambohitolona. Elle alimente un système de pompage électrique ainsi que les dix classes de l’école : une révolution pour ses 300 élèves et leurs enseignants.

Si le village malgache d’Ambohitolona ne se trouve qu’à 35 km environ de la capitale, ce dernier est difficilement accessible. Il faut d’abord rejoindre la Route Nationale 7, la grande voie goudronnée du Sud de l’île, et compter encore une heure sur un chemin défoncé pour atteindre cette localité de 1300 habitants, cachée au milieu des collines et des rizières.

Le 20 août dernier, ils étaient pourtant nombreux à s’être déplacés pour trouver un village en fête. Ses autorités inauguraient en effet l’éolienne installée grâce à l’association PATMAD, partenaire du CEAS. Chacun a ainsi pu admirer le mât qui trône majestueusement au-dessus de l’école primaire. La turbine alimente une pompe électrique cachée dans un puit de 30 mètres qui achemine l’eau dans deux réservoirs. Au-dessus, un kiosque abrite le matériel technique comme les batteries et le régulateur. L’eau arrive sous pression dans deux bornes fontaines à disposition des 220 élèves de l’école primaire et des 80 de l’école secondaire. Avant l’arrivée de l’éolienne, il leur fallait parcourir un kilomètre pour atteindre la première source d’eau potable.

Le kiosque alimente aussi en électricité les 10 salles de classe, permettant aux écoliers de travailler plus longtemps, même quand le soleil se couche tôt en hiver. D’autres services comme la recharge de lampes portatives, un frigo ou une imprimante verront prochainement le jour.

Il s’agit de la troisième turbine installée depuis un projet pilote lancé en 2016. L’association PATMAD a fait un excellent travail et a été remerciée en conséquence par les autorités du village. Sa directrice, Bako Andrianirinah a même reçu une oie en gage de reconnaissance.

Je n’ai heureusement pas eu cet honneur… Ma récompense est venue des anciens du village et de leurs anecdotes. Ils m’ont raconté que j’étais le deuxième Suisse, après un missionnaire en 1958, qui venait les aider à développer leur commune. Pour eux, c’est le signe d’un véritable lien entre nos deux pays pourtant si distants.

Joël Maridor

 

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